La ménopause, symptômes et traitement
La ménopause, du grec méno, règles
et pause, arrêt, appelée aussi âge climatérique,
est l'arrêt des règles. Lors de la ménopause la femme
ne possède plus suffisamment de follicules car ceux-ci ont été soit
utilisés pour le cycle ovarien soit les cellules folliculaires
ont dégénéré par le phénomène
d'atrésie folliculaire. On la divise en plusieurs étapes :
- périménopause : période d'irrégularités
des cycles menstruels précédant la ménopause et l'année
qui suit l'arrêt apparent des règles
- post-ménopause (ménopause confirmée)
La périménopause
Les œstrogènes et la progestérone sont des hormones stéroïdes dérivés du cholestérol qui possèdent des récepteurs cellulaires, situés à la surface des cellules hypophysaires notamment, et qui réagissent par rétro contrôles pour maintenir le taux d'hormones ovariennes autour d'une valeur stable. C'est une période de dépression des ovaires qui entraine soit une insuffisance en progestérone seule soit accompagnée d'une insuffisance en œstrogènes. Dans ce dernier cas il existe une aménorrhée (absence de règles)ou diminution des celles-ci avec des bouffées de chaleur ; si par contre il y a encore une sécrétion ostrogénique, les troubles sont :
- sensation de ventre gonflé et ballonné, constipation.
- caractère instable, insomnie en pleine nuit, coup de pompe l'après-midi , dépression, anxiété changement d'humeur soudaine et irritabilité pour un rien.
- maux de tête sans raison .
- tension mammaire impression de seins constamment gonflés.
- Troubles du cycle menstruel :
- Cycle plus long ou plus court ou écoulement très légers sur plusieurs jours (pré-ménopause) jusqu'à une absence totale de celle-ci (ménopause).
- diminution de la libido .
- sueurs nocturnes et matinales.
- Métrorragie (écoulement hors période des règles supposées), mémo-métrorragie.
La post-ménopause
-
Elle se définit comme l'absence de règles depuis plus d'un an.
L'insuffisance en œstrogènes entraîne d'abord :
- sécheresse vaginale
- troubles psychologiques mineurs (dépression, asthénie, insomnie, diminution de la libido, etc.)
- bouffées de chaleurs et sueurs nocturnes
- aménorrhée définitive ( arrêt définitif
d'écoulement sanguin )
Plus tard, les organes génitaux : vagin, vulve, utérus s'atrophient, ainsi que les glandes mammaires, avec accentuation du prolapsus.
Tous ces symptômes ne sont que des inconvénients. Les risques sont l’ostéoporose (diminution de la densité osseuse : risque de fracture plus important et donc réparation plus difficile et plus longue; la perte osseuse s'accentue à la ménopause) et l'augmentation des maladies cardio-vasculaires.
Il faut noter que la prise de poids n'est pas due à la ménopause proprement dite mais à la baisse importante du métabolisme de base qui intervient à peu près à la même période
Traitement de la ménopause
Depuis une trentaine d'années, il existe un traitement hormonal
substitutif de la ménopause. Ce traitement permet de compenser l'insuffisance
des sécrétions ovariennes d'œstrogènes et de
progestérone responsables de troubles à court et à long
terme. Il est efficace sur les symptômes de la ménopause et
sur la prévention de l’ostéoporose. Théoriquement
les œstrogènes ont également un rôle protecteur
sur le cœur.
Utilisée largement auparavant, il l'est nettement moins, notamment
aux États-Unis depuis la publication d'une étude en 2002 mettant
en avant l'absence de bénéfice en terme de maladies cardio-vasculaires
et une augmentation du risque de certains cancers, de survenue d' embolie
pulmonaire et d'accidents vasculaires cérébraux , dépassant
le bénéfice d'un taux moindre de fracture du col du fémur.
Cette étude a fait l'objet d'un large débat et il n'est pas
clair si elle est applicable à toute forme de traitement substitutif
ou seulement à celle qui a cours le plus souvent aux États-Unis.
La population étudiée est, par ailleurs, particulièrement âgée
(jusqu'à 80 ans).
L’augmentation du risque de cancer du sein liée à ces
traitements a été affirmée par une publication de l’OMS
et a trouvé un étayage au travers la diminution de l'incidence
du cancer du sein en France et aux USA à peu près contemporaine
de la chute des ventes des traitements hormonaux après la publication
de l'étude WHI en 2002.
Chez les femmes plus jeunes (la cinquantaine), le risque de maladie
cardio-vasculaire semble, au contraire, équivalent ou plus faible.
De même, les artères coronaires (irriguant le cœur) seraient
moins calcifiées chez ces dernières, ce qui est indice favorable.
L'ensemble de ces éléments plaide pour une durée limitée
du traitement hormonal mais la durée optimale reste encore à déterminer.